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Athènes est pour beaucoup de touristes une ville de transit, transit vers les îles grecques, ces paradis flottants de la mer Egée. Les quelques personnes qui s'y arrêtent trouvent souvent la ville bruyante, sale, surpeuplée, bref peu attrayante. Pourtant, Athènes est une cité captivante, où chaque pierre porte la trace d'un passé glorieux, chaque ruelle se perd dans les rayons du soleil de l'Attique. Promenez-vous au coeur de ses bastions populaires, Psiri, Monastiraki, vieux quartiers qui s'étirent sous la chaleur et s'abritent à l'ombre des demeures séculaires et des treilles fatiguées. Arrêtez-vous ensuite pour y boire une retsina, ce vin blanc résiné servi très frais, en dégustant des mezzé, assortiment de hors-d'oeuvre grecs dans une taverne de Plaka. Mêlez-vous à la ferveur de ce peuple, pauvre et fier, qui a divisé le centre ville en quartiers,suivant les corporations qui y travaillent : le quartier des bouchers, celui des épices ou des fruits. Vous retournerez peut-être ensuite dans la ville moderne,en arpentant les boulevards qui relient Omonia à Syntagma, les deux places principales d'Athènes, et flanerez dans les boutiques chics et récentes de la rue Hermès, ou celles, presque hautaines de Kolonaki, le quartier le plus riche de la capitale. Enfin, à la nuit tombante, je vous conseille de prendre le funiculaire qui vous conduira au sommet du mont Lycabette, l'une des 7 collines d'Athènes (comme à Rome... !) et de vous perdre dans la magie des lumières et du soir :s'étendra alors à vos pieds un gigantesque océan de maisons blanches, une ville tentaculaire qui monte jusqu'aux montagnes en marbre de l'Attique et se noie dans le bleu profond et pur de la Méditerranéé.J'ai souvent pensé devant ce paysage aux hommes qui inventèrent Athènes, je dis "inventèrent" car Athènes n'est pas une simple ville, Athènes est un mythe et un rêve ; le rêve de la démocratie, le rêve de l'humain comme but ultime du monde, le rêve de quelques hommes. Ils s'appelaient Périclès et Solon, Platon ou Sophocle, Phidias ou Aristote...Ils nous ont donné notre société, nos repères et parfois, pour ceux qui en ont encore,nos valeurs.Et ces hommes ont construit, ont bâti le rêve , ils l'ont créé avec leurs mains et leurs génies.Il a un nom : Athènes et il porte en son coeur le plus merveilleux des monuments, l'union la plus parfaite entre la matière et l'esprit : le Parthénon. Tout le monde j'espère connait ce temple grec classique construit entre 449 et 432 avant J-C, sous la direction du statège Périclès et du sculpteur Phidias.Mais rien que pour lui et l'endroit où il est bâti, un séjour athénien vaut le détour. Cet endroit est bien sur l'Acropole, véritable navire qui guide et domine du haut de ses 156 mètres la cité. Peut-être, comme Péguy, éprouverez-vous enfin devant elle "le sentiment du divin "et de la beauté absolue. D'ailleurs tous les vestiges de l'Athènes antique sont d'un incroyable intérêt pour l'amateur d'Art et d'archéologie. L'Acropole, l'Agora et son fameux temple miraculeusement intact, le Théséion, le théâtre d'Hérode Atticus ou de Dionysos, et tous les musées de la Capitale, notamment le Musée National, permettent de découvrir la vie dans l'Antiquité, vie qui se révèla d'une exceptionnelle richesse artistique. Voilà, je pourrais continuer longtemps à vous parler d'Athènes, pendant des heures et des pages, tellement cette ville est fascinante et secrète, douce et vibrante, mais je préfère m'arrêter et éspèrer simplement que ces lignes vous auront donné envie de découvrir la capitale Héllène, ou si vous la connaissez déjà, d'y retourner quelques jours. Si tel était le cas, j'aurais gagné ce pari et vous, je crois, beaucoup plus. Olivier ROGER Professeur de Lettres Classiques Les quartiers Chaque quartier a son entité propre. Monastiraki, l'endroit des antiquaires et des brocanteurs, Plaka, pour monter à l'Acropole, Glifada... autant de sites à découvrir. Ne ratez pas le musée des Cyclades, il vous fera oublier rapidement la pollution d'Athènes. Pour vos visites, prenez un des milliers de taxis jaunes. Ils sont très bon marché. Une course dans Athènes coûte entre 3 et 5 euros, mais ne soyez pas étonné s'il prend des passagers en route, c'est l'habitude. L'Acropole Même si elle est infestée de touristes en short avec des bobs, difficile de ne pas visiter un endroit
aussi légendaire, où, l'air de rien, on y inventa la première démocratie. Tout d'abord, le terme Acropole vient des mots « akra » et « polis » en grec ancien et signifie « ville haute », ou encore le point le plus haut de la ville. Le site de l'acropole se trouve au centre de la ville actuelle d'Athènes, à 156 mètres d'altitude (par rapport au niveau de la mer). Au cours du 13e siècle avant J.-C., toute en haut de la colline où se trouve l'actuelle acropole, fut construit un gigantesque rempart protégeant la demeure du roi. En effet à cette époque et dans chaque grande ville du pays, le roi vivait toujours sur le point le plus haut de la ville (montagne), sa demeure étant entourée des habitations du peuple plus bas et par des fortifications lui permettant de dominer son peuple et d'être protégé des invasions. Avec la fin de la monarchie, en 683 avant J.-C., la ville pour la première fois est gouvernée de façon démocratique (évidemment pas la démocratie que nous connaissons aujourd'hui, mais les premières idées démocratiques arrivent à cette époque). Le centre de la ville s'agrandit et descend en altitude et l'acropole devient un lieu d'adoration de la vierge Athéna, déesse de la fertilité et de la sagesse, qui dirige la ville. En 490 avant J.-C. débute la construction du premier temple mais 10 ans plus tard il sera détruit, ainsi que toute la ville, par les Perses. Un peu plus tard arrive Périclès en tant que gouverneur d'Athènes. Celui-ci entame sans attendre un gigantesque plan de réurbanisation, la construction de temples au sommet de l'acropole, le temple d'Ephaïstos dans la ville commerçante (ou agora, aujourd'hui les quartiers de monastiraki et plaka), et le temple de Poséidon à Sounion. Les travaux sur l'acropole continuent après la mort du Grand Périclès et se terminent en 404 avant J.-C. Les 4 édifices que l'on trouve aujourd'hui sur l'acropole - toutes construites d'un marbre de qualité exceptionnelle vont influencer considérablement l'architecture de tout le monde occidental. Pendant les années byzantines, le Parthénon (aussi appelé temple de Minerve) devient église orthodoxe, dans laquelle on adorera Sainte Sofia (sofia = sagesse) et non plus Athéna (pourtant déesse de la sagesse dans le passé). En 1205 après J.-C., Athènes passe aux mains des Romains Christianistes, l'acropole redevient une forteresse et le Parthénon une église catholique. Au 15e siècle, lorsque les Turcs envahissent la Grèce, le Parthénon devient une mosquée. En 1687 Athènes est détruite en partie lorsque les Vénitiens encerclent la ville et bombardent le Parthénon que les Turcs avaient rempli de poudre explosive. A partir de 1833 et jusqu'aujourd'hui, l'acropole reste entre les mains de la Grèce (sauf la période d'occupation germanique nazie).
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